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Méthode de construction ancestrale, économique et naturelle, la maison en terre poursuit son évolution. De nouvelles méthodes de construction rendent la maison en terre à la portée de tous, tant au point de vue de l'autoconstruction simple et rapide, qu'en termes de budget. La terre qui a créé des montagnes est un matériau solide et facile à mettre en œuvre qui résiste longtemps aussi bien aux séismes qu'aux intempéries.

Principe de la maison en terre

Les premiers habitats construits par l'Homme étaient en terre et la construction de maison en terre est, depuis des millénaires, restée d'actualité. De la terre et de l'eau suffisent encore pour fabriquer bon nombre de nos objets usuels (terre cuite, porcelaine, céramique...) et même lorsqu'on y regarde de plus près, plâtre, ciment et béton ne sont que de la terre (plus ou moins transformée) à laquelle on ajoute de l'eau pour obtenir un matériau des plus solides.

Argile, gypse, sable, gravier sont des matériaux naturels inépuisables qu'il est facile de lier ensemble afin d'obtenir des parois de construction que l'on met à la forme et aux dimensions souhaitées. Et si la maison est déjà en sommeil dans la terre du terrain que l'on possède, pourquoi acheter à l'extérieur une construction qu'il suffit d'ériger ?

Méthodes de construction d'une maison en terre

Plusieurs méthodes permettent de construire facilement et rapidement une maison en terre. Certaines requièrent des matériaux supplémentaires comme le bois ou la paille, d'autres n'utilisent que de la terre avec parfois juste quelques sacs :

La maison en pisé

Le pisé est la simple mise en forme de la terre que l'on a assouplie et lie à l'eau, puis qui conserve la forme donnée par séchage. Le pisé ne réclame aucun autre matériau que de la terre et de l'eau, mais nécessite que la terre soit argileuse et d'une granulométrie assez particulière pour pouvoir confectionner un amalgame durable. Très utilisé dans les pays chauds, le pisé résiste mal à l'humidité qui le délite.

La maison en torchis

Le torchis est l'ancêtre du béton, où la terre remplace le ciment et où la paille (ou autre) sert au renfort. Comme le béton armé, le torchis réclame d'être posé ou coulé entre un treillis porteur, généralement et traditionnellement en bois, dont il assure le remplissage.

De nos jours la maison en torchis est d'abord une maison à ossature bois, dont le torchis est le matériau de finition entre les montants aussi bien pour les murs que pour les plafonds. Il existe plusieurs techniques et matériaux de confection d'un torchis (torchis plaqué ou façonné, en boule ou en mèche) et son application est possible aussi bien à la main qu'à la machine à projeter. Une fois l'ossature bois réalisée, une maison en torchis peut ainsi être achevée en une journée.

La maison en briques de terre

Le terme « brique de terre » est en fait un pléonasme, on utilise plutôt BTC et adobes selon la méthode de confection des blocs assemblés comme des briques ou des parpaings liés par un torchis ou un pisé :

BTC  (blocs de terre compressée) : c'est en fait du pisé (terre + eau) que l'on a placé dans une presse faisant également office de moule. Le pressage permet d'évacuer l'eau, afin de densifier le matériau et d'obtenir après séchage la brique (de terre) telle qu'elle a été inventée. Les BTC étant en fait du pisé compressé et moulé, ils réclament d'être protégés du ruissellement par mise sous bâche pour le séchage, puis par un enduit après construction.

Adobes : les adobes sont en fait des blocs de torchis (mélange de terre + paille ou matières fibreuses). Moulés mais non pressés, les adobes sont ensuite séchés au soleil ce qui, avec le temps, ressemble à une cuisson lente et les rapproche de la brique de terre cuite si courante.

La maison en sacs de terre (superadobes)

C'est une des dernières méthodes de construction apparues sur le secteur occidental de la construction en terre. Des sacs en polypropylène (résistant et pas cher) sont remplis de terre puis empilés, comme le seraient de grosses briques, et assemblés par ligature. Selon la qualité de la terre disponible (argile, sable...), on peut même cuire naturellement la terre dans les sacs afin d'augmenter la résistance aux intempéries. La construction en sacs de terre (superadobes) permet d'employer n'importe quelle terre quelle que soit sa qualité, et autorise une construction ultra rapide en raison de la taille des sacs et de la facilité de leur assemblage.

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Ce qu'il faut savoir avant de se lancer dans la construction de maisons en terre

Naturelle, recyclable et totalement protectrice de l'environnement, la construction en terre recèle de nombreux avantages d'autant plus que les matériaux peuvent être cuits et/ou protégés des intempéries par des enduits extérieurs et recevoir une isolation thermique. Toutefois, à moins de certaines constructions à ossature bois, malgré sa résistance prouvée, il est rare que la maison en terre reçoive un label de qualité d'une maison parasismique classique. Ce qui n'empêche pas la maison en terre d'être la moins productrice d'énergie grise et peut être la plus proche de la plus haute qualité environnementale chère aux éco-constructeurs.

De coefficient d'isolation thermique moyen, la maison en terre réclame sous nos latitudes que des isolants soient disposés afin de répondre aux exigences de la construction BBC (bâtiment basse consommation) rendues obligatoires par la RT2012.

Si la maison en terre fait moins de 150 m² de surface de plancher, le recours à un architecte n'est pas requis. Le dépôt du permis de construire et l'obtention d'un certificat d'urbanisme sont limités aux taxes afférentes.

Avant de se lancer dans une construction de maison en terre, il est indispensable de connaître la qualité et la granulométrie de la terre du terrain sur lequel on souhaite construire. Si toutes les terres, y compris le sable, se prêtent à la construction en sacs de terre (les bunkers de sable des soldats sont des superadobes), elles ne peuvent pas forcément être utilisables dans la construction en torchis, en pisé ou en BTC.

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Prix de la maison en terre

Bien évidemment, du moment où la terre et l'eau sont les seules matières premières pour construire une maison en pisé, le prix du gros œuvre est dérisoire, voire gratuit si l'on puise l'eau plutôt que de l'acheter. Le coût n'est alors que celui de la main-d’œuvre qui ne se compte qu'en temps passé et bien souvent pour de l'autoconstruction. Lorsqu'on ajoute des matériaux fibreux (laine, graminées, paille, chanvre...) à la terre, il faut inclure le prix de ces matériaux lorsqu'on les acquiert, mais le plus souvent il s'agit de matériaux de récupération que l'on choisit en fonction de leur possibilité d'obtention gratuite.

La plus onéreuse des maisons en terre est la maison en torchis sur ossature bois, puisqu'il faut acquérir des plans et du bois pour monter la structure. Le plus souvent, on se tourne alors vers la maison en kit pour l'ossature.

Entre la maison en terre gratuite ou presque (pisé, BTC) et la maison en torchis sur ossature bois, la maison en adobes et superadobes (sacs de terre) sont des compromis très économiques. La terre étant gratuite, le besoin en eau étant limité, il n'y a réellement que les sacs en polypropylène à acquérir soit environ 1 000 € pour une maison de 50 m².

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