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Dans la plupart des régions productrices de céréales, on se débarrasse de la paille, considérée comme un déchet qui est le plus souvent brûlé. Or, la paille peut être utilisée comme matériau de construction, d'autant que ce matériau se renouvelle tous les ans et est assez abondant.

Construire sa maison en paille - en tout ou en partie - est une démarche qui demande une certaine maîtrise technique, mais qui est très épanouissante. Économes en énergie, les maisons en paille vont de la structure temporaire rapidement montée à des structures permanentes aux qualités écologiques indéniables. La paille est aussi utilisée en simple remplissage.

Intéressons-nous à la paille comme matériau de construction.

Usages de la paille comme matériau de construction

Utilisations diverses de la paille

La paille en construction est le plus souvent utilisée comme matériau isolant et en remplissage d’ossature. Dans certains modes constructifs, elle est en plus porteuse (technique Nebraska) ou autoporteuse (technique poteaux-poutres).

La paille est également utilisée en mélange avec de la terre (adobe) et de la chaux pour la confection d’enduits, de murs ou de chapes.

On trouve aussi de la paille compressée et agglomérée par fusion de la lignine en panneaux pour des usages de cloison ou de doublage. C’est peut-être là une voie de normalisation et d’industrialisation pour faire évoluer la paille en vrac directement vers des éléments de construction à assembler sans ossature.

Avantages du matériau paille

Les qualités environnementales de la paille sont nombreuses :

  • matériau renouvelable, disponible, à faible énergie grise depuis son origine jusqu’à son recyclage ;
  • matériau propre sur chantier et à faibles déchets, sain à vivre, hygro-régulateur et de bonne résistance mécanique lui assurant une bonne durabilité.

Les avantages de la paille pour la construction sont également appréciables :

  • Un chantier en filière sèche est toujours plus facile et plus propre. La paille se marie très bien de se côté-là avec les constructions à ossature ou structure à base de bois ou métal.
  • Avec une bonne organisation de chantier et une technique de mur paille appropriée, les temps de construction sont très réduits par rapport à ceux de la construction traditionnelle, ce qui est un avantage économique de taille.

Du point de vue économique, ses avantages tiennent à :

  • l’utilisation d’un matériau à bas coût pour la réalisation de l’isolation et du remplissage des murs ;
  • une technique capable de satisfaire aux meilleurs label énergétiques et de réduire conséquemment les frais de chauffage et de climatisation.

Utilisation de la paille comme matériau isolant

L’utilisation principale est l’isolation des murs par remplissage dans une structure sous forme d’ossature à petits bois, caissons bois ou structure poteaux-poutres.

Mais la paille peut également être utilisée en isolation de toiture.

Quelle couverture par les assurances ?

Les règles professionnelles CP 2012 couvrent l’emploi de la paille comme isolant et comme support d’enduits et donnent accès aux assurances pour ces utilisations.

La paille porteuse n’est pour l’instant pas traitée dans ces règles.

Caractéristiques isolantes de la paille

Le coefficient de conductivité thermique de la paille est reconnu dans la RT 2012, ce qui en fait un matériau intégrable dans les calculs thermiques( règles Th-U § 2.6.7 : 0,065 W/(m.K) Cp = 1600 (J/(kg.K) ).

Le coefficient n’est pas le plus intéressant comparé à d’autres matériaux isolants type laine de verre ou ouate de cellulose : il se situe entre 0,050 et 0,075 W/mK suivant le sens des brins, ce qui oblige à poser la paille sur une grande épaisseur.

Un matériau perspirant à traiter avec soin

La paille est très "perspirante", c’est-à-dire qu’elle va très bien laisser migrer la vapeur d’eau.

Comme pour tous les murs, il est nécessaire que le parement extérieur soit plus perméable à la vapeur d’eau que le parement intérieur de manière à ce que celle-ci ne soit pas enfermée.

Par contre le taux d’humidité ne joue que très peu sur la qualité isolante de la paille.

Techniques de remplissage isolant

La technique la plus courante, parce qu’elle ne nécessite pas de moyens de levage et est donc appropriée à l’auto-construction, est le remplissage dans une ossature de petits bois. Chaque botte est maintenue entre des montants et des lisses ce qui rend la technique assez laborieuse.

La technique la plus professionnelle est le remplissage de caissons fermés en bois. Les caissons, généralement d’une hauteur d’étage sont ensuite assemblés entre eux.

On trouve également une technique de remplissage entre poteaux bois de largeur de mur.

Botte de paille utilisée comme matériau de construction

Caractéristiques d’une botte de paille

Une botte à plat fait environ 47 cm de largeur, 37cm de hauteur et sa longueur d’environ 1 m est variable. La pose se fait généralement à plat ou sur tranche.

Sa densité varie suivant le pressage de 80kg/m3 et 120 kg/m3 en masse sèche.

La teneur d’eau sur poids sec de la paille bottelée doit être inférieur à 20% (règles professionnelles). (15% pour le DTU autrichien).

Techniques de murs en paille

Les techniques de murs en paille sont diverses et évoluent.

Elles utilisent toutes la paille comme isolant et/ou comme élément constitutif du mur.

On peut citer la technique Nebraska, l’insertion en ossature-bois, la technique du GREB, les caissons bois et le remplissage entre poteaux-poutres.

Points spécifiques

La densité est un élément important car il conditionne :

  • La tenue de la botte et son tassement. Plus elle est serrée, moins la botte a tendance à se défaire. Une botte de 25 kg a une très bonne tenue, un faible tassement et est idéale pour une technique de type Nebraska.
  • Sa résistance au feu : si la paille est un matériau inflammable, plus elle est tassée, moins il y a d’air pour la combustion et plus elle se comporte au feu comme du bois, c’est-à-dire avec une combustion progressive et en surface.
  • Sa résistance au pourrissement : dans la paille tassée, il y a peu d’air donc le pourrissement est ralenti même en présence d’une forte humidité.

L'humidité est également importante : la paille ne doit pas être mouillée et sa teneur en eau inférieure à 20% . Il faut donc la stocker au sec.

Le points à soigner sont :

  • Le choix des parements intérieurs et extérieurs qui, par leur perméabilité, conditionnent la migration de la vapeur d’eau dans le mur et sa perspirance.
  • Les pieds de mur pour qu’il ne prennent pas l’humidité des fondations, l’eau extérieure et les eaux intérieures. Une barrière étanche est nécessaire.
  • Les points de condensation. Par exemple, un appui de fenêtre en zinc est susceptible de créer de la condensation en sous-face au contact de la paille.
  • Le risque du feu : la paille est inflammable mais sa mise en œuvre limite ce danger (enduits, mise en caissons). On construit aujourd’hui des ERP (établissement recevant du public) en paille, c’est dire si le risque feu est maîtrisable.
  • Les rongeurs ne sont pas à l’aise dans la paille : elle est dure et agressive. De plus il n’y a pas ou peu de graines à manger. Les termites peuvent la traverser mais pas s’y installer (étude 2010 FCBA). D’une façon générale les insectes préfèrent un bois tendre à la paille.

Parements pour une construction en paille

Les parements sont un point crucial, tant du point de vue technique (migration de la vapeur d’eau) que pour le budget de réalisation des murs.

Les choix pour le parement extérieur – le poste le plus cher – se feront entre un enduit et un bardage.

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